« Le début de vie » – Rencontre avec le Professeur Frydman

20130319_200006Comme prévu, je suis allée mardi soir à la rencontre transdisciplinaire du Centre d’Études du Vivant organisée par l’Université Paris-Diderot dans la série « Les battements du temps », intitulée « Le début de vie », avec René Frydman, gynécologue, obstétricien, auteur de la première FIV en France en 1982.

Ce fut une rencontre intéressante, saisissante, troublante aussi, d’autant que j’ai eu le plaisir d’y rencontrer Lulu et son « p’tit bio ». Lire la suite

L’angoisse de la ponction blanche

Demain, c’est le jour du dosage et de l’écho de contrôle. Je suis stressée. Légèrement plus que d’habitude je l’avoue. Je ne suis pourtant pas novice puisque c’est ma douzième stimulation sous contrôle de ce type. Mais cette fois-ci,  le choc de la ponction blanche de mai refait surface.

Je sais que cela arrive régulièrement, même aux femmes fertiles, mais elles, elles ne s’en rendent pas compte. Je sais que ce n’est pas forcément la résultante de mon insuffisance ovarienne et le fait de mes ovaires paresseux plus susceptibles de produire des follicules de mauvaise qualité. Je sais que même les femmes en situation d’infertilité inexpliquée, OPQ, endométriose ou autres ont parfois subi cette terrible impasse. Il n’empêche. Lire la suite

Culpabilité, quand tu nous tiens

En relisant les notes que j’avais écrites sur un cahier depuis le début de notre parcours PMA, je m’aperçois que j’ai parcouru un peu de chemin sur mon sentiment de culpabilité, malgré les échecs successifs. Les premières IAC suscitaient chez moi un réel espoir : même si elles n’étaient que de 10 à 15%, les chances de réussite étaient bien meilleures que lors des cycles précédents sous clomid. L’annonce de l’échec suscitait donc une déception et une détresse proportionnelles à l’espoir que la tentative avait suscitée.

J’ai dit des mots très durs à Amour. Je lui ai demandé de me quitter car moi je n’en n’avais pas le courage. Je lui ai demandé de me quitter car je ne voulais pas qu’un jour il se retourne derrière lui en voyant le boulet qui n’a pas pu lui donner d’enfant. Je ressen(tais) une douleur infinie à le voir en compagnie des enfants des autres, jouer avec eux, comme profitant de ces quelques dizaines de minutes de moments heureux et essentiels à la vie d’un homme, que je suis incapable de lui donner.

« Pourquoi n’aurais-je pas le droit de vivre ce bonheur alors que tant de femmes le vivent? », écrivais-je. Cette question m’a longtemps poursuivie. Je me disais que si mon corps m’interdisait d’être maman, peut-être était-ce parce que j’en suis incapable ? Peut-être était-ce parce que petite je ne rêvais pas d’avoir 10 enfants comme beaucoup de mes petites copines mais d’avoir d’abord une vie de femme libre, libre de faire mes propres choix, libre de partir et de découvrir le monde au-delà des 50km² que constitue ma campagne d’origine ? Peut-être était-ce parce que je pense trop à moi et à mon confort personnel ? Peut-être est-ce donc finalement la nature qui en décide et qui équilibre les choses entre celles qui le peuvent et celles qui ne le peuvent pas ?

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Top départ

J’ai eu mes règles hier soir, la mécanique est enclenchée. Ce soir : début des piqûres. Samedi : dosagécho. A fixer : rendez-vous chez mon adorable accupunctrice, ainsi que chez ma tout aussi attentionnée ostéopathe. Après un mois de perm, je repars en guerre, la fleur au fusil.

Cette période qui comprend les 12-14 premiers jours jusqu’à la FIV ne me sont pas si pénibles. C’est le moment où l’espoir revient, le moment hyperactif, le moment où l’on n’a pas vraiment le temps de penser. On se laisse porter par la vague qui nous emporte. Il faut se tenir à l’emploi du temps hypercadré, ça me va assez. Et puis j’aime être cocoonée par mes infirmières, qui, chaque soir, me saluent par un « on y croit ». « C’est pour bientôt », me souffle mon radiologue, et mes accupunctrice et ostéopathe qui insistent « restez zen, et tenez-nous au courant! ».

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Aux pieds de la montagne : cap sur la FIV 2

C’est reparti. De nouveau, nous nous retrouvons aux pieds de la montagne. Pour la 5ème fois. Il va falloir gravir tous les cols, en espérant aller jusqu’au sommet. A mes ovaires : « fini les vacances les gars, il va falloir s’y remettre. Pour cela, je vous promets une bonne dose de produits dopants ». Je n’attends plus que mes règles pour lancer le top départ.

Côté DHEA, pas besoin d’en prendre car mes taux ne sont pas inférieurs à la moyenne. Lors de l’analyse ils étaient même très supérieurs. L’analyste a écrit « au regard de l’âge de la patiente (27 ans), ces taux élevés résultent d’un stress ». Stressée, moi ? Il faut dire que j’ai fait la prise de sang  en sortant de chez SuperDoc ! Donc pas de DHEA à prendre, pas d’effets amincissants non plus… Mince alors, moi qui voyait déjà poindre un petit avantage à la PMA, c’est raté.

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Pudique, moi ?

Echographie pelvienne : expression très scientifique pour désigner un examen, certes indolore, mais particulièrement gênant, voire humiliant lorsque le radiologue ne prend pas toutes les précautions d’usage. C’est pourtant une étape nécessaire et indispensable aux protocoles de PMA : l’écho va déterminer le nombre de follicules, leurs tailles, l’épaisseur de l’endomètre, ce qui va permettre à SuperDoc, à l’aide des dosages hormonaux, de décider de l’opportunité et de la date d’une tentative de FIV ou de IAC.

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Sur une étoile mystérieuse…

Lorsque l’attente de l’arrivée d’un enfant est longue, très longue, on envisage sa vie différemment : le futur n’est pas tracé comme on le croyait, le passé est exploré, fouillé, scruté pour savoir si quelque chose, quoi que ce soit, aurait pu augurer de cette fatalité, de ce boulversement, de cette profonde douleur qui vous atteint au coeur, au plus profond votre chair.

Alors on repense à sa propre enfance. J’adorais lire et regarder Les aventures de Tintin. Je m’imaginais en grand reporter, comme lui, je me voyais aller chercher Tchang au Tibet, partir sur la lune, découvrir le trésor de Rackham le Rouge…

Aujourd’hui, je suis sur une étoile mystérieuse. Je ne vois que des ventres ronds autour de moi. ils surgissent dans la rue, dans le bus, dans le métro, à mon travail, dans notre cercle d’amis. J’ai beau courir, fermer les yeux, tourner la tête pour y échapper, ils sont toujours là, et le mien, lui, ne s’arrondit pas.

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