L’angoisse de la ponction blanche

Demain, c’est le jour du dosage et de l’écho de contrôle. Je suis stressée. Légèrement plus que d’habitude je l’avoue. Je ne suis pourtant pas novice puisque c’est ma douzième stimulation sous contrôle de ce type. Mais cette fois-ci,  le choc de la ponction blanche de mai refait surface.

Je sais que cela arrive régulièrement, même aux femmes fertiles, mais elles, elles ne s’en rendent pas compte. Je sais que ce n’est pas forcément la résultante de mon insuffisance ovarienne et le fait de mes ovaires paresseux plus susceptibles de produire des follicules de mauvaise qualité. Je sais que même les femmes en situation d’infertilité inexpliquée, OPQ, endométriose ou autres ont parfois subi cette terrible impasse. Il n’empêche. Lire la suite

Y croire

Entre apaisement et désespoir, entre confiance et crainte,  j’oscille pas mal ces dernières semaines. Nouvel été sans bébé ni grossesse, nouvel été avec clomid et ses bouffées de chaleur. Nouvelle échéance : septembre et la tentative de FIV 2. L’année dernière l’objectif de septembre c’était la IAC1. En un an, nous avons tenté 6IAC et une FIV. Ce qui est sûr, c’est que dans un an nous aurons sans doute terminé notre parcours PMA, qu’il se conclut de manière positive ou négative.

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Ras-le-bol

Il y a des jours qui se suivent et ne se ressemblent pas, vraiment pas. Dans mon dernier post j’étais plutôt apaisée, ça fait du bien d’être dans cet état. Là, je replonge. Il faut dire que ma journée a été super chiante.

Pour commencer, un mail que je reçois au bureau du mari d’une de mes anciennes collègues qui explique combien il nage dans le bonheur depuis la récente naissance de leur enfant avec, je vous le donne en mille, plusieurs photos du nourrisson en pièces-jointes. Lire la suite

Des nouvelles de SuperDoc

Elle est arrivée hier, l’ordonnance de SuperDoc, comme d’habitude par la poste. Mais cette fois pas de gonal 300 UI à partir de J2, ni d’écho à J8. SuperDoc met mes ovaires en vacances pour cet été mais souhaite qu’ils continuent à bosser un minimum pour préparer la stimulation de septembre. Il m’a donc prescrit du Clomid et de la DHEA sur 2 mois « afin d’espérer une meilleure réponse ovarienne avant que nous débutions une stimulation pour FIV en septembre », m’écrit-il. Je sens bien qu’il tente le tout pour le tout, SuperDoc.

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Je voudrais ne jamais être née

Tout est dit.

Les échecs se multipliant, je me prépare fatalement à l’échec définitif. C’est donc bien évidemment très dur à vivre, et impossible à envisager. Il est impossible qu’Amour n’ait pas d’enfant, impossible. Si je le quitte, je mourrai immédiatement. Si je reste avec lui, je mourrai à petit feu. Il est inconcevable qu’il n’ait pas d’enfant.

Sans moi, il aurait déjà un voire deux enfants. Il se réaliserait dans leur éducation, prendrait pleinement sa place de père. Il serait là derrrière chacun de leurs pas, de leurs coups de pinceaux, de leurs jeux. Grâce à lui, ses enfants seraient des êtres réfléchis, éclairés, empathiques.

Amour serait heureux si je n’existais pas.

Projection

Hier Amour et moi sommes allés au spectacle de fin d’année réalisé par notre amie directrice d’une école de danse. Toujours un plaisir et une admiration d’observer la restitution d’une année de travail avec des élèves de tous âges. Toujours un pincement au coeur de voir ces petits bouts déambuler en tutus et exécuter à leur manière, avec une spontanéïté craquante, la chorégraphie demandée.

Mon regard se pose tout à coup sur cette  petite fille, cheveux tirés et yeux maquillés, résolument appliquée dans ses gestes et déplacements. Je lis sur ses lèvres les comptes « 5-6-7-8 » qui rassurent.

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Blessures de guerre

Du mal à s’en remettre du choc… L’ennemi a créé une faille dans ma défense. En attendant ma contre-attaque, je panse mes plaies. Comme celle-ci, vestige d’un ratage de prise de sang par une biologiste nonchalante qui m’a fait mal pendant plusieurs jours. Mon ventre se remet aussi, je n’ai pratiquement plus de bleus.

Les plaies les plus douloureuses sont, elles, encore à vif. Beaucoup de mes copinautes me disent qu’il faut espérer pour l’insémination. Je comprends leur réaction : celles qui ont déjà vécu la douleur d’une ponction blanche n’ont eu qu’un « rentrez chez vous » en guise de conclusion et auraient sans doute aimé qu’on leur propose une IAC, à défaut. Mais dans mon cas je sais bien que SuperDoc ne l’a faite qu’en désespoir de cause. Alors que le recueil était fait et que je pleurais à chaudes larmes, il s’est sans doute dit « au moins, elle ne repartira pas avec rien ». J’ai déjà fait 5 IAC, je n’y croyais pas pour la 5ème, vous croyez que je vais davantage y croire pour la suivante?

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Choc

La ponction blanche, j’y avais un peu pensé, notamment au regard de ce qui était arrivé à Lily, mais je me disais que sur 3 follicules, il y en aurait au moins un qui cacherait un bel ovocyte. Après anesthésie locale des parois vaginales, SuperDoc part en observation de mes 3 follicules avant ponction. Il s’est avéré que le « gros » follicule de 20mm que nous avions vu jeudi s’est littéralement désintégré, l’ovulation ayant déjà pu avoir lieu puisque SuperDoc n’avait pas introduit le Cétrotide, craignant qu’il n’agisse sur la qualité des ovocytes.

 Nous nous rabattons alors sur les 2 autres follicules accrochés à l’ovaire gauche. Après la ponction qui m’a plutôt fait mal, la biologiste est formelle : il n’y a rien à l’intérieur, ils sont de mauvaise qualité. Je suis un peu sonnée, et par l’anesthésie, et par la nouvelle. Je demande confirmation à l’autre biologiste qui me tient la main : « il n’y a rien alors? ». « Non malheureusement », me répond-elle. A cet instant, je réalise. Tout cela pour rien. Tout cet espoir pour rien. Ma potion magique n’était pas prévue pour cela. Je pars en larmes, tout en essayant de maîtriser mes sanglots pour ne pas trop bouger le bassin, SuperDoc étant affairé à éponger les larmes de sang qui coulaient de mon col. Il s’interroge sur les traces d’éclosion du « gros » follicule : peut-être n’est-il pas trop tard pour une IAC. Je rejoins ma chambre, éclate en sanglots. Amour m’y retrouve, il me serre fort dans ses bras.

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Je le sais

C’est foutu pour cette IAC, encore une fois. J’étais quasi persuadée que la IAC 5 était une inepsie, là j’en suis certaine. Je fais la prise de sang jeudi mais je connais déjà la réponse : je n’ai aucun symptôme, les seins mous… C’est mort.

C’est une déception moins difficile à vivre que pour le résultat de FIV1, mais j’ai quand même du mal à remonter dans le train de la PMA. A quoi bon s’épuiser et faire tant de sacrifices pour un résultat zéro mois après mois ? Quand je croise des femmes enceintes j’ai l’impression de vivre dans un monde parallèle, j’ai l’impression d’être une autre sorte d’être humain qu’elles, j’ai l’impression qu’elles vivent dans une bulle  à l’intérieur de laquelle tout est doux, limpide, simple, beau. Je m’évertue à casser la paroi pour entrer mais rien ne cède, même pas un pouce.

Il va falloir reprendre espoir, essayer d’y croire, encore et encore. je n’ai plus les ressources en réserve. Au fur et à mesure de leur renouvellement mensuel, elles s’amenuisent.

Pourtant, il va bien falloir repartir.

Edit 19/05 :

Ca y est, j’ai la réponse : c’est bien négatif comme prévu.

Culpabilité, quand tu nous tiens

En relisant les notes que j’avais écrites sur un cahier depuis le début de notre parcours PMA, je m’aperçois que j’ai parcouru un peu de chemin sur mon sentiment de culpabilité, malgré les échecs successifs. Les premières IAC suscitaient chez moi un réel espoir : même si elles n’étaient que de 10 à 15%, les chances de réussite étaient bien meilleures que lors des cycles précédents sous clomid. L’annonce de l’échec suscitait donc une déception et une détresse proportionnelles à l’espoir que la tentative avait suscitée.

J’ai dit des mots très durs à Amour. Je lui ai demandé de me quitter car moi je n’en n’avais pas le courage. Je lui ai demandé de me quitter car je ne voulais pas qu’un jour il se retourne derrière lui en voyant le boulet qui n’a pas pu lui donner d’enfant. Je ressen(tais) une douleur infinie à le voir en compagnie des enfants des autres, jouer avec eux, comme profitant de ces quelques dizaines de minutes de moments heureux et essentiels à la vie d’un homme, que je suis incapable de lui donner.

« Pourquoi n’aurais-je pas le droit de vivre ce bonheur alors que tant de femmes le vivent? », écrivais-je. Cette question m’a longtemps poursuivie. Je me disais que si mon corps m’interdisait d’être maman, peut-être était-ce parce que j’en suis incapable ? Peut-être était-ce parce que petite je ne rêvais pas d’avoir 10 enfants comme beaucoup de mes petites copines mais d’avoir d’abord une vie de femme libre, libre de faire mes propres choix, libre de partir et de découvrir le monde au-delà des 50km² que constitue ma campagne d’origine ? Peut-être était-ce parce que je pense trop à moi et à mon confort personnel ? Peut-être est-ce donc finalement la nature qui en décide et qui équilibre les choses entre celles qui le peuvent et celles qui ne le peuvent pas ?

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