Zone d’attente

20130619_164703Finalement, Bébée est rentrée toute seule à la maison, dimanche. Bébé a continué à bien boire ses biberons mais commençait à fatiguer, et donc à faire des désaturations. Ils ont donc dû lui remettre les lunettes à oxygène pour l’aider. Déscopée depuis plusieurs jours, Bébée n’avait plus besoin d’être à l’hôpital. Il a donc fallu les séparer. Nous faisons les allers-retours depuis, alternant entre la garde de Bébée pour l’un et les visites à Bébé pour l’autre, puisqu’il n’est pas possible d’emmener Bébée voir son frère à l’hôpital. Nous sommes en zone d’attente, scrutant le scop de Bébé comme l’écran qui va nous indiquer quand notre avion décollera enfin pour le bonheur. Notez cette parfaite sat’ à 100%!

La présence de Bébée avec nous est déjà un considérable délice. Je la regarde souvent dormir, dans son lit, ou dans son transat au milieu du salon, et j’en ai le vertige. Je n’arrive pas à croire à ce que je vois. Les nuits ne sont bien sûr pas de tout repos, nous sommes pour l’instant en alerte au moindre petit bruit, mais lorsqu’au milieu de la nuit, je la prends dans mes bras, qu’elle arrête de pleurer et esquisse un sourire de satisfaction, c’est tout simplement fabuleusement magique.

A leur retour à la maison, les bébés seront pour au moins 3 semaines en H.A.D (hospitalisation à domicile). C’est un système vraiment super : une infirmière puéricultrice vient tous les jours dans un premier temps, puis espace les visites ensuite, pour examiner les bébés, répondre à nos questions et nous donner des conseils. C’est un accompagnement très rassurant pour nous, apprentis-parents de deux enfants prématurés qui font encore moins de 3 kg. Cela m’a vraiment tranquillisée lorsque nous l’avons mis en place à la sortie de Bébée. Mais voilà, la première visite ne s’est pas passée comme je l’avais imaginée.

Même si nos bébés sont nés en avance, Amour et moi avions in extremis réussi à organiser leur arrivée comme nous le souhaitions et comme il le fallait. Pourtant, cette visite, je l’appréhendais un peu. La puéricultrice était très gentille, mais elle a commencé par mettre en question le mode de couchage de nos bébés. Nous avons opté pour un lit à barreaux qu’ils partagerons dans un premier temps, chacun dans leurs cocoonababy. Je n’avais entendu que du bien de ces « nids » pour bébés, qui les mettent dans une position semi-fœtale qui les rassure, les contient et les fait se sentir en sécurité, parfait qui plus est pour des prématurés. Mais voilà, selon elle ils sont plutôt susceptibles de provoquer la mort subite du nourrisson. A bannir, donc, immédiatement. Il faut coucher les bébés à plat, uniquement. Le truc de la MSN, je ne m’y attendais pas, du coup j’ai été choquée. Et puis, le couchage de mes bébés, je l’avais réfléchi, raisonné, pensé au mieux, tant c’est important. Elle m’a vexée, je me suis sentie humiliée dans mon rôle de maman. En fait il n’y a apparemment pas plus pas moins de risque de MSN avec le cocoon que dans un lit, mais l’arrivée de ces cocoon sur le marché est trop récente pour avoir assez de recul sur leur utilisation. Il n’empêche, cette visite je l’ai vue comme une évaluation. Je me suis sentie jugée dans mon rôle de maman. Je l’ai vécu comme une intrusion dans mon monde, dans celui que je m’apprête à créer avec Amour et nos deux amours.

Amour pense que j’ai réagi excessivement, et que c’est un vestige de la blessure de la PMA : longtemps je me suis sentie incapable d’être mère, et maintenant que je le suis, la moindre contrariété me fait douter. Il a sûrement raison. Quand mon obstétricienne me parle, lors de mon rendez-vous post-accouchement, de reprendre une contraception, parce que « quelquefois, la stérilité, c’est psychologique », je dis merde, qu’on me laisse tranquille. Je dis merde, mon utérus, mes ovaires et ma sexualité n’appartiennent plus qu’à moi. Je dis merde, je veux être une maman comme les autres.

J’ai surtout hâte que nous vivions – qu’on nous laisse vivre – notre vie tout seuls, tous les quatre. Je brûle de tourner la page.

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20 réflexions sur “Zone d’attente

  1. Merci pour vos messages. Je crois effectivement que quel que soit le parcours qu’on aie eu pour devenir maman, il semble que tout un chacun se sente habilité à porter un jugement sur la façon dont on fait les choses, puéricultrice ou pas, et avec la HAD, je me suis rendue compte qu’il y avait autant de théories de puériculture que de puéricultrice, franchement.
    Concernant les cocoon, finalement je les ai revendus. Je n’ai pas été convaincue par la théorie de la MSN mais plutôt par celle du « mauvais » développement de la colonne vertébrale et des épaules lorsque le bébé reste dans le cocoon de façon prolongée (soit la nuit), (théorie confirmée par la pédiatre de l’hôpital que j’aime bien) et comme nous avons déjà des transats, les cocoon faisaient double emploi.
    Les bébés dorment donc à plat, chacun à côté de l’autre dans leur lit

    • Ça veut dire que les deux bébés sont avec vous !!! Quelle bonne nouvelle !!! Gros bisous et profitez de votre vie à 4

  2. C’est très indélicat comme remarque Pma ou pas elle sous entend que tu mets tes enfants en danger alors que tu ne recherchés que ce qui a de mieux. C’est difficile mais il fait essayer de n’écouter que son instinct. Car tu as naturellement raison quand il s’agit de tes bébés. Ça n’empêche pas le doute mais tu es leur maman. Gros bisous et courage pour ces derniers jours d’hôpital. Bisous

  3. Ah Ben tu vois, je réfléchis en ce moment à tout l’équipement qu’il nous faut et je trouvais super ces cocons qui calent bien les bébés.

    Je crois qu’il faut faire comme tu le sens et que plus tu prendras confiance, plus tu enverras chierbles importuns et leurs avis. C’est juste une question de temps. Tu es déjà une mère formidable.

    Vivement que les deux petits bouts soient réunis… Bises

  4. Je suis très interloquée par la réflexion de cette infirmière. Et franchement, tu sais (on peut se dire tu entre mamans de jumeaux) chacun à de toutes les façons son avis sur tout. Le cocoon je trouve cale très bien surtout que depuis des années, il est utilisé (pas exactement cette version mais la version spéciale prématurée) dans les néonat…
    Pour la contraception, je comprends ton point de vue parce qu’un professionnel de santé dise à une patiente que c’est « dans la tête c’est à baffer »… Après, la fertilité peut être différente après avoir eu des enfants et j’avais eu de la chance de tomber sur une sage-femme plutôt maligne qui m’avait posé la problématique différemment, en gros elle m’avait dit un truc du genre « demandez vous si vous avez envie d’un autre enfant et vous verrez ce que vous aurez envie de faire »… Pour moi c’était finalement la question clés pour envisager ou pas une contraception malgré un passage en PMA « est ce qu’un miracle me ferait plaisir? »…

  5. Le coup de la mort subite du nourrisson, c’est un peu l’argument massue. Quelle mère se dirait « ha bah, tant pis, je prend le risque »? Est-ce que pour autant sa remarque est justifier, à priori non. Tu sais, les professionnels de santé, ils sont comme nous, ils ont des préjugés. Certains se remettent en question, vont chercher les infos, lisent les études, etc. et d’autres se contentent de répéter à l’infini ce qu’ils croient être la vérité. Et j’ai l’impression qu’en matière de puériculture, personne n’est d’accord. Le mieux est de te faire confiance.

  6. Avec le recul, il me vient une seule chose (pour les cocoon tu as déjà mon point de vue).

    Donc une chose à avoir à l’esprit dans toutes les situations où tu te pose des questions, ou les autres te posent des questions qui peuvent te blesser, te faire changer d’avis par rapport à quelque chose que tu avais décidé pour tes petits.

    C’est « est-ce que je ne vais pas regretter de ne pas avoir fait ça ? » , avoir ça en tête peut permettre, il me semble face aux nuits sans sommeils, aux angoisses des parents de bébés prématurés, aux questions des jeunes parents, aux doutes qui affleurent à longueur de temps avant l’arrivée des certitudes.

    OU une versions plus positive « est-ce que je vais regretter d’avoir fait ça ? »n « est-ce que je vais regretter de ne pas avoir fait ça ? »,

    Si j’avais eu cette évidente question en tête, il y a des choses qui se seraient déroulées autrement (comme par exemple, l’obligation qui nous a été imposé sans concertation, par les sage-femme de l’hôpital de donner du lait en poudre avec une seringue en réveillant toutes les 3 heures nos bébés qui dormaient).
    SI j’avais pu me poser cette question le lendemain de la naissance de mes enfants, ils n’auraient sans doute jamais bu du lait en poudre dans des seringues de 3ml, et nous ne les aurions pas réveiller toutes les trois heures pour ça !

    Clairement pour moi, c’est quelque chose que je regrette d’avoir fait, quelque chose qui m’a été imposée alors que j’étais en position de faiblesse.

    Il faut avoir confiance en toi, en tes capacités, c’est toi qui va passer le plus de temps à observer, à vivre auprès de tes petits, tu vas apprendre à les connaitre, à les comprendre et à faire les choses comme tu as envie qu’elles soient faites.

    Le temps passe tellement vite avec des petits, alors ne pas regretter est important.

    L’important actuellement c’est que tes petits dorment bien, à plat ou dans les nid, peut importe si c’est toi qui décide. Ne te met pas la pression, il y en a déjà assez qui vient toute seule. Tu fais les choses très bien.

  7. Quand j’ai eu la visite de retour à la maison, une semaine après mon accouchement, j’ai stressée pendant 2 jours avant! J’avais l’impression que j’allais passer une évaluation et qu’on allait juger mes qualités de mère! Ce n’était que pour 1 bébé… né à terme! Alors j’imagine bien comment tu te sens!!!

    Et pour l’infertilité psychologique : FOU-TAI-SE…
    Si tu vas voir sur mon blog, j’ai publié mon essai sur l’impact psychologique sur l’infertilité et son impact sur la santé mentale… Dans toutes mes recherches, il n’y a que la clique de psychiatre français qui considère qu’ « il n’y a pas d’infertilité inconsciente! ».

    Bref, fait comme tu le sens!
    Et je croise bien fort pour que Bébé vienne vite rejoindre sa soeur!

  8. Félicitations, tu es une maman lambda, comme les autres. Parce que moi qui n’ai pas eu à passer par la PMA, malgré un peu d’attente, je suis très susceptible dès la moindre réflexion…Et je sais que je ne suis pas la seule.
    Courage pour les prochaines semaines et pleins de bonnes ondes pour Bébé

  9. La photo de la sat’ à 100%, nous l’avons faite aussi, ça rappelle des souvenirs… 🙂 Je retourne lire le reste.

    • C’est bien cette HAD, j’aurais aimé avoir le même « filet » pour notre aîné. Après il faut se concentrer sur ce qu’elle peut vous apporter de positif uniquement. Et c’est normal d’être sensible aux remarques des gens sur notre vision du rôle de maman. Mais bon, il y a tellement plus important, n’est-ce pas?! 😉
      Je vous souhaite bon courage, j’ai toujours été admirative des parents qui se coupaient en 2 avec un bébé en néonat et un (ou plus) à la maison.

  10. Je ne connaissais pas cette histoire de cocoon. Si j’avais connu ça, j’aurais eu tendance à faire le même choix. Après tout pour les portes bébés dit physiologiques il faut que ces derniers respectent la position foetale du nouveau-né avec la colonne vertébrale en C donc pourquoi pas un cocoon

  11. Je crains que ce ne soit que le début. S’en suivra les réflexions de ton entourage, de tes amis, de tes proches …
    Ce n’est pas méchant mais comme on a lutté pour tomber enceinte, beaucoup pense (consciemment ou pas) que pour nous rien ne sera naturel y compris s’occuper correctement de notre bébé. Comme si, à la base, dès le début, on manquait de quelque chose que les autres ont eu à la naissance. Le neurone « bébé » en quelque sorte. Enfin moi je vois ça comme ça. Je comprends ton sentiment par contre, cette intrusion, cette réflexion, je l’aurais super mal vécu aussi. Quand à la réflexion sur le moyen de contraception !! Une insulte me vient à la bouche mais je m’abstiendrais.
    J’espère que bébé vous rejoindra vite, je suis triste que vous n’ayez pas pu les ramener tous les 2 à la maison.

  12. Il faut très vite vous dire que vous entendrez tout et son contraire….La chambre de ma fille était prête, berceau de famille avec contour matelassé, lit à barreaux idem, pour plus tard. Et là, la sage-femme à domicile qui me dit « ah surtout pas, ils s’étouffent avec ces protections autour d’eux! » Première nouvelle…
    Discours d’une sage-femme qui s’occuper de moi et ma petite fille à la maternité « ah bon? mais pas du tout, il faut en mettre, sinon les bébés vont s’encastrer le crâne contre les barreaux et pour le moins ça peut leur laisser des marques, leurs os crâniens étant mous ».
    Discours de la pédiatre qui signe notre bon de sortie « bah, vous verrez bien ».

    Je pense pouvoir écrire toute la journée sur les discours contradictoires à propos de tout, et émanant de médecins, puéricultrices, sages-femmes, les parents, les beaux-parents, les amis, les voisins, bref. Quand on est enceinte, notre ventre semble appartenir à tout le monde. Quand l’enfant naît (ou les enfants 🙂 ), il semble appartenir à tout le monde aussi.

    Surtout, restez vous-même, et si vous avez envie de les envoyer paître, faite-le ! Il n’est jamais trop tard (ou trop tôt) pour dire assez fort « quand j’aurai besoin de votre avis, je vous le demanderai, ce sont mes enfants! ».
    Et armez-vous de patience, chaque étape sera l’opportunité pour « tout le monde » de vous poser mille questions et de vous donner mille avis, tous contraires 🙂

    Au-delà de cela, je vous souhaite à nouveau tout le bonheur du monde, avec votre Bébée, et bientôt l’arrivée de votre Bébé à la maison…c’est ça le plus important 😉

  13. Une autre puéricultrice n’aurait rien dit pour ça mais aurait certainement trouvé à redire sur autre chose … Question de point de vue je pense.
    Je reste persuadée que ton instinct est le bon mais aussi que l’on ne peut pas connaitre son enfant, comme ça, d’un coup de baguette magique. Il faut un temps pour vous connaitre : que tes bébés apprennent à vous parler, que vous appreniez à les comprendre..
    Je retiens le sourire de satisfaction de ta fille quand tu la tiens dans tes bras : tout est dit, l’essentiel est là ..
    J’espère que Bébé pourra bientôt vous rejoindre
    Bisous

  14. Je suis d’accord avec les commentaires postés : ne le prends pas mal. Souvent, on a droit à des versions différentes en fonction des personnes… alors mieux vaut faire comme tu as envie ou comme tu le sens pour ne pas avoir de regret… Et puis avec ce qui vous arrive, le manque de sommeil, le stress, tu as les nerfs à fleur de peau. C’est donc normal que tu réagisses ainsi… Vivement que Bébé arrive à la maison, que les 2 petits loulous soient réunis et qu’enfin commence votre jolie vie à 4, sans personne autour pour vous dire « fais comme ci fais comme ça ». Courage !

  15. Ma belle, mon témoignage vaut ce Qu il vaut étant donne que j ai un parcours plus simple…. Mais en tout cas ce dont je me souviens, c est que je ne n’ai jamais trouvé de réconfort auprès de ces professionnelles de la petite enfance. Des critiques, ça oui! Même encore, qd j Ai amené mon bébé pour sons dernier vaccin la semaine dernière, il a fallu Qu elle creuse pour trouver qql chose à dire! Après, on peut être tellement blessée Qu on ne voit même plus les petits compliments Qu elles peuvent aussi nous tenir… Alors voilà, quoi qu’elles pensent, leur mère, c est toi? Tu fais de ton mieux et ce que tu penses etrele mieux, et c tout ce dont tes bebes ont besoin. Alors courage, tu vas être une super maman, et ne laisse personne te laisser penser le contraire! Biz bizzzzzzz

  16. Les puéricultrices que j’ai rencontre n’ont jamais critique mes cocoonababy que, comme toi, je plaçais dans un seul lit a barreau.
    Tu en fais ce que tu veux mais moi je constate tout de même que d’une puer a l’autre les discours peuvent changer du tout au tout.
    Si les cocoon favorisaient les MSN, cela se saurait, je pense.
    Ce qui est certain, c’est que le cocoon empêche l’utilisation de systèmes de « prévention » (type AngelCare) puisque ces systèmes s’installent sous les matelas pour détecter les mouvements des respirations de bébé.
    Bref…
    Avec le recul, tout ce que je peux te dire c’est que moi le cocon a été utilise jusqu’aux 4 mois des bébés, je n’ai pas eu le moindre souci, mis a part le fait qu’il a fallu « déshabituer » les bébés du cocoon une fois que celui ci est devenu trop petit, et ça nous vaut quelques nuits sportives alors qu’ils faisaient leurs nuits a peu près correctement avant.
    Bises

  17. Je ne crois pas que c’est une blessure de la pma, c’est tout simplement le fait d’être Maman qui nous rend très susceptibles dès qu’on touche à nos petits bouts…
    Moi j’ai toujours de gros doutes avec les puéricultrices, elles ont besoin de justifier leur visite et ne peuvent simplement dire « c’est bien ». Mais c’est toi qui sait le mieux ce qui est bon pour tes bébés, ne te laisse pas influencer.
    Je croise les doigts pour sue Bébé vous rejoigne vite !

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